Le président João Lourenço a reçu 15 millions de dollars d’Odebrecht pour renforcer la présence de l’entreprise en Angola.

17 Aoû 2019     Afrique Media

C’est un journaliste brésilien qui a révélé ces informations: L’opération Lava Jato est considérée comme la plus grande enquête de corruption au Brésil.

Odebrecht a utilisé des comptes suisses pour corrompre des politiciens et des militaires africains 

La société de construction brésilienne Norberto Odebrecht a utilisé des comptes secrets suisses pour distribuer des millions de dollars à de hauts responsables du nouveau gouvernement angolais.

Les informations proviennent des documents officiels du tribunal suisse. Ils révèlent que, en dépit d’être enquêté dans le cadre de l’opération Lava Jato, l’un des membres du gouvernement angolais de l’actuel président Joao Lourenco n’était pas le seul à recevoir de l’argent de la corruption…

Il a fallu juste que Carlos Panzo soit enquêté par la police fédérale brésilienne pour qu’on découvre que l’un des comptes bancaires de Joao Lourenco, président de l’Angola, avait été bloqué en Suisse.

L’entreprise brésilienne de construction, Norberto Odebrecht, a utilisé des comptes secrets en Suisse pour distribuer des millions de dollars aux hauts responsables du gouvernement angolais.

En dépit d’être enquêté dans le cadre de l’opération Lava Jato, un des membres du gouvernement angolais, Carlos Panzo, a non seulement conservé son poste, mais a même été promu. 

Au fil des années, M. Panzo a occupé divers postes au sein du cabinet de l’ancien président José Eduardo dos Santos, principalement dans le secteur des finances. En 2009, il était directeur du bureau de surveillance macroéconomique du ministère de l’Économie, coordinateur du comité de gestion du fonds pour le logement et président du conseil fiscal de Sonangol. En 2012, Panzo était à Brasilia pour préparer la visite du ministre angolais des Finances, Carlos Alberto Lopes, qui devait rencontrer le ministre brésilien du Développement, de l’Industrie et du Commerce extérieur, Fernando Pimentel, et le ministre des Finances, Guido Mantega. À l’époque, il était directeur de l’unité de la dette publique au ministère des Finances. Officiellement, Panzo a sollicité l’aide financière du Brésil pour des projets de reconstruction dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’industrie.

En décembre 2016, alors que le ministère de la Justice des États-Unis avait annoncé de larges allégations à l’encontre d’Odebrecht, M. Panzo avait été nommé directeur exécutif de la Banque de développement d’Angola (BDA).

Le même mois, le ministère de la Justice des États-Unis signalait que pendant 2006-2013, Odebrecht avait versé des pots-de-vin de plus de 50 millions de dollars à des membres du gouvernement angolais. En contrepartie, elle a obtenu des contrats estimés à 261 millions de dollars.

Cependant, Panzo faisait toujours partie du gouvernement angolais. Lorsque João Lourenço est entré en fonction, mettant fin à la longue présidence de José Eduardo dos Santos, Panzo a obtenu de nouveaux postes. En septembre 2017, il a été nommé secrétaire d’État aux affaires économiques.

Les Suisses ont découvert le compte bancaire d’un offshore dont le bénéficiaire était Panzo. Plus de 11 millions de dollars ont été transférés par ce seul compte et, selon l’enquête, l’argent aurait été déposé par Odebrecht.

Les dépôts ont été effectués entre 2010 et 2019 par trois sociétés liées à la société de construction brésilienne. Lorsque le compte a été bloqué en juin 2019, il ne contenait que 3 millions de dollars.

Les enquêtes révèlent qu’en 2013 Panzo aurait reçu 1,7 million d’euros pour un contrat obtenu par Odebrecht en Angola. Un responsable militaire angolais a également bénéficié des fonds du même compte. L’enquête a également révélé des paiements effectués en 2015 par le même compte suisse au fils d’un ministre des Finances angolais.

Entre 2002 et 2016, la BNDES (Banque nationale brésilienne pour le développement économique et social) a contracté pour 4 milliards USD de prêts à l’Angola, principalement pour des projets de la Odebrecht, tels que la construction de la centrale hydroélectrique de Laúca. La BNDES a financé d’autres travaux en Angola tels que le barrage hydroélectrique de Cambambe, le projet «Routes de Luanda», la «Praca da Paz» (Place de la Paix) de Luena, le programme de réinstallation de la population de Zango et la route Catata-Lóvua.